Un vieux monsieur allait mourir

Ecrit par le 25 mai 2020

C’est l’histoire – vraie – d’un vieux prêtre à qui un ami propose de passer ses vacances d’été dans leur maison de famille, en Bretagne, pour qu’il puisse se reposer…

Attiré par la beauté de ce pays qu’il ne connaît qu’en photos, le vieux prêtre accepte la proposition :

– Bonne idée, ce sera parfait pour une retraite spirituelle, lui dit-il.

L’apprenant, son jeune vicaire lui donne une recommandation :

– Je t’encourage vivement à apprendre la prière du Notre Père en breton !

« A quoi bon, se dit le vieux prêtre, pour ce que cela me servira ! ». Mais pour ne pas faire de peine à son vicaire, qui venait de lui faire un si beau cadeau, le vieux prêtre l’apprit par coeur pendant son voyage. 

Ses premiers jours de vacances et de retraite furent idylliques. Le temps était au beau fixe, les mouettes chantaient en bord de mer d’un bleu presque turquoise où les fonds marins étaient peu profonds. Sur le rivage, le vent caressait les oyats de la lande bretonne. Son bréviaire à la main, devant ce magnifique paysage, au pied d’un calvaire breton tout en granit, le vieux prêtre méditait sur la beauté de la création : « c’est merveilleux, Seigneur, ce que tu as fait ! ».

On frappe à la porte

Mais, un jour, une dame rencontrée en se promenant sur la plage sonna chez lui :

– Mon mari est mourant : pouvez-vous lui rendre visite et tenter de lui donner les derniers sacrements ?

– Bien sûr !

Et il la suivit.

« Hors d’ici, les corbeaux ! »

Entrant dans la chambre du vieux monsieur, ce dernier s’écria :

– Hors d’ici, les corbeaux ! N’entrez pas !

Le vieux prêtre, qui en avait vu d’autres, resta stoïque et respectueux, ne dépassant pas l’embrasure de la porte. Il tenta de lui proposer de se confesser. Refus catégorique. De discuter un peu. Peine perdue. L’affaire était bien mal engagée.

Pourrait-il aider ce mourant à accepter que Dieu avant son départ pour l’éternité ? Il ne restait plus qu’à prier. Une idée lui vint : il se mit alors à réciter à voix haute le Notre Père en breton.

Le coup de grâce

Le vieux monsieur, avachi dans son lit, se redressa soudain, et se mit à pleurer.

– Comment le connaissez-vous ?

Imperturbable, le prêtre continua, si bien que le vieux monsieur la termina lui-même et ajouta ensuite :

– Cela me rappelle ma grand-mère. Ma grand-mère, elle était si bonne, elle m’emmenait à la messe, enfant, dans l’église du village, avec son missel sous le bras et sa toque de bigoudène sur la tête… Ma grand-mère, c’est elle qui m’a appris le Notre Père en breton et qui me le faisait réciter !

Le vieux monsieur lui parla ainsi un bon moment de cette vieille femme si attentionnée pour lui, les souvenirs jaillissant au fond de sa mémoire. Elle avait beaucoup prié pour lui. Même s’il avait, un jour, tout envoyé promener, elle avait aussi préparé le terrain pour le grand départ de son petit-fils. Et l’Esprit de Dieu, soufflant sur un jeune vicaire, avait fait le reste, avec l’obéissance d’un vieux prêtre entièrement dévoué à sa mission.

Le courant était passé entre eux deux grâce à un Notre Père en breton. Le vieil homme se confessa pour la première fois depuis des années. Il reçut Jésus-hostie, puis rendit son dernier souffle quelques jours après, en paix avec lui-même comme avec Dieu. Sa femme, au pied du lit, pleurait tout en remerciant Dieu de ce revirement inespéré.

Voilà comment agit l’Esprit de Dieu avec nous, si nous voulons bien nous laisser faire et rester disponibles à son action. Ne manquons pas cette vie de Dieu, cette vie divine, qu’il veut nous offrir sur un plateau ! L’Esprit Saint est une clef pour ouvrir et fermer le ciel, la clef du matin et du soir pour s’ouvrir au bien que nous devons faire autour de nous, et résister au mal. Il nous ouvre toutes les portes pour entrer dans la maison du Père.

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