Qui est vraiment Marie ? Réponses à nos frères protestants

Ecrit par le 10 juin 2020

Qui est vraiment Marie ? Que dit la Bible à son sujet ? Pour certains de nos frères chrétiens, les protestants, à qui s’adresse cet article, elle n’est rien de plus que la mère de Jésus, et n’a aucun rôle d’intercession, ni de médiation. Elle n’a pas être créée sans péché. D’autres encore estiment que les catholiques, en l’appelant Reine du Ciel, en font une déesse, une idole. Et qu’on ne peut ni la prier, ni l’honorer. Que Jésus a eu des frères et soeurs. Mais pourtant, une étude approfondie de l’Ecriture nous dit peut-être autre chose… Réponses en 5 points.

1. « D’après la première lettre de Timothée, Jésus est notre seul médiateur, alors que nous prions Marie et les Saints. Est-ce contraire à la Bible ? »

Ce verset (1 Tim 2,5) se lit comme suit : « Car il n’y a qu’un seul Dieu et il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes, l’homme Christ Jésus…» Beaucoup pensent que la pratique de prier les saints va à l’encontre de la Bible, affirmant que les catholiques en font des médiateurs entre Dieu et l’homme et diminuent ainsi le rôle de Jésus comme seul médiateur. Mais ce n’est pas une interprétation appropriée du passage. Voyons pourquoi.

Dans l’Ancien Testament, nous voyons que Moïse, Abraham et Job ont intercédé au nom des autres… c’est faire la médiation entre Dieu et l’homme. Nous savons qu’il est normal de demander aux autres ici sur terre de prier et d’intercéder pour nous…. c’est la médiation entre Dieu et l’homme. Nous avons donc ici une situation où un passage de la Bible est mal interprété et mal compris. Il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et l’homme, l’homme Jésus-Christ, mais en tant que membres du Corps du Christ, Il nous permet de partager sa médiation.

De plus, les Écritures nous disent que nous n’avons qu’un seul fondement, Jésus-Christ (Première lettre de Saint Paul au corinthiens, 1 Co 3, 11). Mais, elles nous disent aussi qu’il y a plus d’une fondation (Ephésiens 2,19-20). Les Écritures nous disent encore que nous n’avons qu’un seul Seigneur, Jésus-Christ (Eph 4,4-5). Mais, elles nous disent aussi qu’il y a plus d’un seigneur (Ap 19,16). Les Écritures nous disent que nous n’avons qu’un seul juge, Jésus-Christ (Jacques 4,12). Mais, elles nous disent aussi qu’il y a plus d’un juge (1 Co 6, 2).

Ce ne sont pas des contradictions dans les Écritures, pas lorsque ces passages sont tous correctement compris dans leur contexte. En effet, Jésus est le seul fondement, Jésus est le seul Seigneur, et Jésus est le seul juge. Mais, nous sommes membres du Corps de Jésus. Par conséquent, selon les grâces données par le Christ, nous pouvons partager le rôle de Jésus en tant que fondation, seigneur et juge, ainsi que d’autres caractères du Christ. Un autre exemple, un père partage le rôle de Dieu en tant que Père, par Sa grâce. Et, de même, les saints du ciel et les anges du ciel, et nous, nous pouvons partager le rôle de médiateur du Christ.

2. « En Romains 3, il est dit qu’aucun n’est justifié et que tous ont péché ; mais l’Eglise catholique enseigne que Marie est sans péché…pouvez vous l’expliquer à la lumière de Romains 3 ? »

Lettre de Saint Paul aux Romains, chapitre 3, verset 10 : «… comme il est écrit : “Personne n’est juste, non, pas un seul.” ». Pourtant, Jacques (5,16), dans sa lettre, dit que « la prière d’un homme juste est très utile ». Si absolument personne n’est juste, alors de qui Jacques parle-t-il ? Evangéliste Luc, dans son premier chapitre, dit aussi qu’Elisabeth et Zacharie étaient justes devant Dieu. Si absolument personne n’est juste, comment cela peut-il être ?

L’Écriture se contredit-elle ? Non. Au contraire, nous devons nous assurer d’interpréter correctement l’épître aux Romains (3,10), et cela signifie se rendre compte que la clé pour comprendre est dans ces mots : « comme il est écrit ». Ici dans son épître, Paul cite exactement le Psaume 14 de l’Ancien Testament. Dans le Psaume 14, il est écrit : « L’insensé dit dans son cœur : “Il n’y a pas de Dieu. Ils sont corrompus… il n’y en a aucun qui fasse le bien.” » Mais ensuite, ce même psaume continue à parler des « justes ».

Eh bien, si personne n’a fait le bien, qui sont ces justes dont parle le psaume ? Évidemment, lorsque le psalmiste dit qu’aucun n’a fait de bien, il parle des insensés qui disent qu’il n’y a pas de Dieu. Il ne parle pas d’absolument tout le monde ; il en va de même pour saint Paul lorsqu’il cite ce psaume. Paul ne dit pas qu’absolument personne n’est juste : si c’était le cas, nous aurions beaucoup de mal à expliquer tous les passages de l’Ancien et du Nouveau Testament qui se réfèrent aux justes. Dans Romains 3,11, il est dit que personne ne cherche Dieu. Est-ce à dire qu’absolument personne ne cherche Dieu ? Non, l’interpréter de cette façon serait étrange. Cela est également vrai pour le verset 23, qui dit que « tous ont péché ». Les bébés n’ont pas péché. Ce n’est pas un absolu. Il y a des exceptions. C’est quelque chose auquel il faut réfléchir. Il est donc parfaitement légitime de dire que ces passages de l’épître aux Romains, lorsqu’ils sont interprétés dans leur contexte, ne sont en aucun cas en conflit avec l’enseignement de l’Église sur Marie sans péché. Et puis, Marie n’était pas pour autant une déesse !

3. « Pourquoi les catholiques appellent-ils Marie la Reine du Ciel ? »

Dans l’Ancient Testament, Dieu n’a-t-il pas réprimandé les Israélites pour leur adoration d’une fausse déesse, nommée la Reine du Ciel ? Par conséquent, ne devrions-nous pas éviter de nous adresser à Marie avec ce titre, puisqu’il est celui d’une fausse déesse ? »

Dans Jérémie (7,18), Dieu est en effet contrarié par les Israélites parce qu’ils ont adoré une fausse déesse appelée la « Reine du Ciel ». Cependant, ce n’est pas parce que Dieu les a réprimandés pour avoir adoré la fausse reine du ciel que nous ne pouvons pas rendre hommage à la vraie Reine du Ciel… la Sainte Mère. Ce type de pensée vous ferait croire que, parce que les gens adorent un faux dieu qu’ils appellent « dieu », nous ne devrions donc pas appeler le vrai Dieu, du même nom… « Dieu », parce que c’est le même titre que les idolâtres utilisent pour leur dieu ! C’est une logique erronée. De la même manière, le fait qu’il y ait une fausse « reine du ciel » ne mène pas à la conclusion que nous adorons une fausse déesse, lorsque nous appelons Marie la « Reine du Ciel ». Tout comme le fait, qu’il existe un faux « dieu », ne conduit pas à la conclusion que nous adorons un faux dieu, lorsque nous appelons notre Père céleste Dieu.

Et il y a une vraie Reine du Ciel, que nous voyons très clairement dans le livre de l’Apocalypse (12,1) : « Et un grand signe est apparu dans le ciel, une femme vêtue du soleil, avec la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles… » Donc, dans ce passage, nous lisons qu’il y a une femme… elle est au paradis… et elle a une couronne sur la tête. C’est la vraie Reine du Ciel, Marie, la mère de l’enfant mâle qui doit gouverner les nations.

En tant que catholiques, nous n’adorons pas Marie. Nous l’honorons, tout comme Jésus l’honore. Il n’y a donc absolument rien de mal, d’un point de vue scripturaire, à appeler Marie la Reine du ciel et à l’honorer comme Jésus l’honore.

4. « La Bible dit clairement que Jésus a des frères et sœurs ; mais l’Eglise catholique enseigne que Marie fut perpétuellement vierge…comment pouvez vous  concilier ces positions apparemment opposées ? »

Marc (6,3) écrit : « N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie et le  frère de Jacques, de Josès, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici avec nous ? ».  Nous devons ici comprendre certaines choses au sujet  de ces « frères et sœurs ».

Premièrement, il n’y avait pas de mot pour dire cousin, neveu ou nièce, ni pour tante ou oncle en hébreu ancien ou en araméen – les mots que les Juifs utilisaient dans tous ces cas étaient « frère » ou « sœur ». Un exemple de cela peut être vu dans le livre de la Genèse (Gn 14,14), où Lot, qui était le neveu d’Abraham, est appelé son frère. Un autre point à considérer : si Jésus avait eu des frères, si Marie avait eu d’autres fils, il est difficile de croire que la dernière chose que Jésus ait faite sur terre aurait été d’offenser gravement ses frères survivants ? Ce que je veux dire par là, c’est que dans Jean 19,26-27, juste avant sa mort, il est dit que Jésus a confié sa mère au disciple bien-aimé, Jean. Si Marie avait eu d’autres fils, considérant les coutumes de l’époque, cela aurait été une gifle pour eux de voir leur mère confiée à l’apôtre Jean (nous reviendrons sur ce verset, car il est capital).

De plus, nous voyons dans Matthieu 27,55-56 que les Jacques et Josès mentionnés dans Marc 6 comme les « frères » de Jésus sont en fait les fils d’une autre Marie. Et encore un autre passage à considérer est dans les Actes des Apôtres (1,14-15) : « [Les Apôtres]  d’un commun accord se sont consacrés à la prière, avec les femmes et Marie la mère de Jésus et avec les frères de Jésus.…ils étaient en tout environ cent vingt personnes ».  Un groupe de 120 personnes composé des Apôtres, de Marie, des femmes et des « frères » de Jésus. Il y avait 11 apôtres à l’époque. Avec la mère de Jésus, ça fait 12. Les femmes étaient probablement  les trois mêmes que celles mentionnées dans Matthieu 27. Mais disons que c’était peut-être une douzaine ou deux, juste pour la sécurité de l’argumentation. Donc nous comptons jusqu’à 30 ou 40 personnes environ. Cela aboutit ainsi à un nombre de frères de Jésus d’environ 80 ou 90 ! Il est difficile de prétendre que Marie aurait  eu 80 ou 90 enfants ! Ainsi, l’Écriture ne contredit pas l’enseignement de l’Église Catholique sur les « frères » de Jésus, lorsque l’Écriture est correctement interprétée dans son contexte.

5. « Pourquoi les catholiques ne s’en tiennent pas à une lecture littérale de la Bible ? »

Jésus ne nous a pas tout dit explicitement sur sa mère. Certains protestants pensent que ce qui n’est pas écrit noir sur blanc dans la Bible n’est pas biblique et donc est faux. Ils pourront relire ces deux versets, dans l’Evangile de Jean (chapitre 16,12-13), dans lesquels Jésus lui-même nous dit qu’il ne nous a pas encore tout dit, qu’il n’a pas terminé de nous enseigner, et donc que tout n’est pas écrit dans la Bible. En effet, l’Esprit Saint continue de souffler encore aujourd’hui sur toute l’Eglise et ses apôtres, dont les évêques sont aujourd’hui les successeurs en ligne directe :

J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière.

Il y a donc encore beaucoup de choses à découvrir sur Jésus et ses proches… à travers l’étude de sa Parole – ce qu’on appelle l’exégèse, que les pasteurs protestants pratiquent aussi – et la tradition, qui est, selon le catéchisme de l’Eglise catholique, la transmission vivante de l’Evangile, avec l’aide du Saint Esprit. Par la tradition, l’Eglise perpétue et transmet à chaque génération ce qu’elle est, tout ce qu’elle croit.

Terminons par ce verset de l’Evangile cité plus haut : au moment de sa mort, Jésus dit à Jean : « “Voici ta mère”.  Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. » (19,26-27). C’est là une invitation directe de Jésus à prendre Marie chez nous, dans notre vie de chrétiens, comme une personne à part entière. Et donc à la rencontrer, à l’honorer, la prier.

Les nombreuses personnes qui ont vécu une conversion à Jésus à travers Marie peuvent ici en témoigner : elle ne cesse de nous conduire à son Fils.

 


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