Que pensait du christianisme l’auteur du Monde de Narnia : Ne peut-on pas faire le bien sans être  chrétien ?

Ecrit par le 7 février 2020

Clive Staple Lewis, auteur de la série de romans Le monde de Narnia et ami proche de J.R.Tolkien (auteur du Seigneur des Anneaux) se disait athée, jusqu’au jour où il a commencé une série de discussions avec lui sur la véracité du christianisme. Morceaux choisis.

“« Ne peut-on pas faire le bien sans être  chrétien ? Telle est la question à laquelle on m’a demandé de répondre, et d’emblée, avant même de l’aborder, je voudrais faire une remarque. La question a été posée par quelqu’un qui a dû se dire : « Je ne me soucie guère de savoir si le christianisme est vrai ou faux. À quoi bon me creuser la tête à déterminer s’il est plus proche de la réalité que l’idéologie matérialiste ? Tout ce qui m’intéresse est de faire le bien. Mes croyances, je les choisirai non pour leur vérité mais leur utilité.»

Supposons que le christianisme s’avère vrai : il est absolument impossible que ceux qui connaissent cette vérité et ceux qui l’ignorent soient également bien équipés pour faire le bien. Car la connaissance des faits nous pousse nécessairement à agir différement. Imaginez, par exemple, que vous trouviez un homme mourant d’inanition et que vous vouliez lui apporter les soins adéquats. Si vous n’avez aucune notion de médecine, vous lui servirez probablement un repas substantiel, et votre homme en mourra. Voilà ce qui arrive lorsqu’on agit en étant dans le noir.

Il faut dire qu’il y a de nombreux points sur lesquels les Hommes seraient en accord pour ce qui est de leur action en faveur du prochain. Tous deux approuveraient l’installation du tout-à-l’égout, la création d’hôpitaux et une alimentation équilibrée. Mais tôt ou tard les différences de leurs convictions se projetteraient sur leurs propositions pratiques. Tous deux, par exemple, attacheraient beaucoup d’importance à l’éducation — mais le type d’éducation envisagé par l’un serait sans doute très différent de celui préconisé par l’autre. Par ailleurs, là où le matérialiste se bornerait à demander au sujet d’une action proposée : « Accroîtra-t-elle le plaisir de la majorité ? », il se pourrait fort bien que le chrétien objecte : « Même si elle accroît le plaisir de la majorité, nous ne pouvons pas y participer, étant donné qu’elle est injuste. »

“Il serait peut-être suffisant de répondre à un tel homme que ce qu’il demande, c’est de pouvoir continuer à « faire le bien » avant même d’avoir cherché à découvrir quel est ce « bien » ?

Source : Clive Staple Lewis, in Dieu au banc des Accusés (Éditions Raphaël)

 


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