NOTRE ÉTERNITÉ SE JOUE PARFOIS A LA SECONDE PRÈS

Ecrit par le 12 août 2020

Je suis le Padre Arsène de la Miséricorde et je travaille comme missionnaire en Haiti depuis deux ans déjà. Il y a un an et quelques mois, j’ai vécu un drame qui m’a fait réfléchir et que je viens partager avec toi en ce jour.

Nous sommes un soir du 29 mai 2019. Il fait beau. Après une journée de visite des malades et des pauvres, et d’enseignement des enfants à l’école, il faut préparer la journée du lendemain: une journée de détente avec les enseignants de l’école.

C’est pendant que je prépare cette journée que mon curé me demande de l’accompagner dans la paroisse voisine pour prêter une voiture, car de fait, à l’occasion de la fête de l’ascension, pour la sortie détente avec les enseignants nous avons besoin d’une voiture pour les transporter.

Nous voilà donc en route pour la paroisse voisine. Une fois là bas, mon curé décide de prolonger sa visite et me demande d’avancer avec la voiture.

C’est ainsi que je prend la route du retour, seul. Il était 07h du soir.

Sur la route de retour, des jeunes sont sur la route qui font de l’autostop. Ils me demandent de les déposer au carrefour.

Je prends donc les jeunes (ils étaient 03) à l’arrière de la voiture. Quand on arrive au carrefour, je gare pour les faire descendre.

Dès que le premier jeune a mis son pied au sol, j’ai entendu une rafale de coups de feu. On nous arrosait de tirs. Nous étions attaqués par des bandits lourdement armés qui criblaient la voiture de balles. Je ne sais pas d’où venaient les tirs. Le jeune descendu en premier a juste eu le réflexe de rebondir dans la voiture, et là j’ai redémarré en trombe pendant que la pluie de balles perforait la voiture. 

Je roulais très vite… Les mains tremblantes, l’esprit troublé. J’ai roulé ainsi jusqu’au prochain carrefour plus fréquenté que le premier. C’est que je me rends compte qu’un des jeunes a été touché au pied. Pendant la fusillade, il a reçu trois balles au pied. La voiture était pleine de sang. On l’a donc transporté à l’hôpital.

Les deux autres jeunes et moi même n’avions rien eu. La voiture quant à elle ressemblait à une passoire, tellement il y avait des trous!

Je suis rentré. Je tremblais. J‘ai prié… Et je me disais: c’est un miracle que nous soyons sortis vivants d’une telle fusillade.

Et là, des idées me traversaient l’esprit : Si j’étais mort ce soir, où aurais-je fini ?

Je venais de me rendre compte encore une fois, à quel point il est bon de songer à là où nous allons passer notre éternité, cette vie après la mort.

Je crois que nous devons toujours être prêt pour la rencontre car l’éternité se joue à une seconde près: la seconde juste avant le dernier souffle. Et on ignore si cette seconde sera celle-ci ou celle qui suit ou celle dans 50 ans. Il faut donc toujours être prêt.

La Parole de Dieu dit: “restez toujours en tenue de service, gardez vos lampes allumés”. Pourquoi? Parce l’heure de la fin vient comme un voleur, au moment où on s’y attend le moins.
Ne remets plus ta conversion à demain. Vis chaque jour de manière à pouvoir te présenter sans honte devant notre Dieu, peu importe l’heure de l’appel.

Pense à tous tes péchés, confesse les et vis dans la crainte de Dieu et dans l’amour de ton prochain. Ainsi, peu importe l’heure, si tu devais partir, ce serait sans regrets.


Voilà ce que le Seigneur m’a rappelé ce soir . Et que je partage avec toi, pendant que ma mission continue dans la joie et la confiance en Dieu, malgré la pauvreté et l’insécurité.

Que Dieu nous bénisse abondamment.



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