Vous, de toute éternité.

« Il m’a redonné vie, à moi, la prostituée ! » 

Michèle était prostituée. Jésus l’a, dit-elle, arrachée à la mort. Témoignage.

Qui est Jésus Christ pour moi ? Si j’osais, sans peur de scandaliser, je dirais : il est tout. Ma joie de vivre. Ma raison de vivre. Ma force pour vivre. Il est mon unique espérance.

Et c’est tout, j’aurais envie de m’arrêter là. Mais notre monde d’aujourd’hui dirait : Tiens, encore une illuminée, une chrétienne à l’eau de rose. Au fond, il aurait raison. Car notre certitude dans le Christ cela doit se voir, se traduire dans la vie par des actes, dans une solidarité partagée. Alors, je vais essayer de traduire ce que nous vivons, lui, le Christ et moi, ensemble au long des jours. Ce ne sera pas de la théologie : qu’attendre d’une femme qui a vécu dans la prostitution de longues années, sinon la vie de tous les jours ?

Pour moi, le Christ c’est quelqu’un de vivant que j’ai rencontré dans les autres. Et cette rencontre a bouleversé toute ma vie. Longtemps bafouée, vendue, objet de plaisir, je découvrais que le Christ pouvait m’aider à devenir une femme comme les autres.
Cette certitude me venait de la part des autres. Un groupe de personnes me respectait en tant que femme, me convainquait que ma vie n’était pas finie, n’était pas perdue. En cheminant avec elles, j’ai compris que le Christ était un homme vivant, capable de refaire la personne tout entière. Et pour moi, redevenir une femme était capital.

Alors, j’ai commencé à lire sa parole, j’ai découvert sa vie, sa mort, sa résurrection. Et je me disais : cela, toi aussi tu peux le vivre.

Pendant des années, et cela continue, je pris de plus en plus conscience que le Christ dans ma vie était plus qu’une personne, qu’il était présent à l’infini dans le monde. Et que ce Christ, je devais le rencontrer chaque jour en ceux qui étaient sur ma route. Je devais le reconnaître défiguré en ce clochard, cette prostituée, ce prisonnier, ce patron, cet ouvrier…

Plus je vais, plus je me dis que l’épreuve la plus atroce serait de perdre cette certitude qu’il est le Vivant, et que nous allons vers un face-à-face éternel.

Et je n’ai plus le droit de ne pas le crier, le vivre jusqu’à en mourir. Pour moi, le Christ est vivant en tous les hommes. Il est celui qui m’a tirée du désespoir. Il est le vivant qui veut des humains vivants, heureux dans leur peau, capables de s’émerveiller devant
la beauté et l’amour, capables d’éclater de rire et d’avoir le sens de l’humour.

C’est de lui que le monde a besoin, c’est lui en tout cas qui est ma raison de vivre et que je n’aurai jamais fini de découvrir.

Michèle

 

« Amen, je vous le déclare, les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu »

– Evangile de Matthieu chap. 21, verset 31.

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