LA DOCTRINE SOCIALE DE L’ÉGLISE
L’Église ne se borne pas qu’à parler de religion ou de foi. Elle a un message universel qui veut rejoindre l’homme, tout homme, dans toutes ses dimensions : sociales, humaines…C’est le sens de la Doctrine Sociale de l’Église. Mais de quoi s’agit-il au juste ?
1. Définition
La Doctrine Sociale de l’Église est l’ensemble des réflexions de l’Église sur la morale et les questions sociales. L’origine remonte à l’encyclique du pape Léon XIII, en 1881, Rerum Novarum. Nous étions à l’époque de la révolution industrielle. Le pape s’est intéressé aux problèmes touchant aux conditions de travail, à la dignité des ouvriers à leurs rapports avec les dirigeants. Comment faire pour que chacun ait un salaire et des conditions de travail décentes ? Dans une époque où les enfants travaillaient à la mine, comment éviter cela ? Il ne s’agissait pas de donner des réponses concrètes et d’empiéter sur le domaine économique, mais de rappeler des principes fondamentaux.
En fait le problème social n’était pas nouveau parce que, de tout temps l’homme a eu une activité, mais, en cette époque, elle prenait une importance particulière.
2. Principes
Pour expliquer les principes de la Doctrine Sociale de l’Église, je me référerai à la dernière encyclique du pape Léon XIV sur l’Intelligence Artificielle, Magnifica Humanitas.
Le premier principe est celui du bien commun. Le pape parle de la forme sociale de dignité reconnue à chacun. »[1] Autrement dit, faire en sorte que l’intérêt commun prime sur l’intérêt privé : nous ne sommes pas une simple addition d’individus. Nous formons un corps commun : l’humanité.
Le second principe est celui de la destination universelle des biens. Tous les biens de la terre (eau, terre, air) sont pour tous et ne doivent pas être la propriété de quelques privilégiés. Dans ce sens, la propriété privée, même si elle est légitime, reste toujours subordonnée à cette destination universelle des biens.
Le troisième principe est celui de la subsidiarité. Chacun doit assumer son rôle, là où il est, dans la société : ce n’est pas à l’État de se substituer à l’individu.
Le quatrième principe, celui de la solidarité, repose sur la fraternité universelle : nous sommes solidaires les uns des autres, surtout de ceux qui souffrent. Nous ne pouvons pas invoquer le principe du chacun pour soi.
C’est aussi sur la fraternité que repose le cinquième principe, celui de la justice sociale. Le pape Léon XIV écrit dans son encyclique : « La justice sociale se reconnaît à la capacité pour un ordre social, économique et politique de permettre à tous — et en particulier aux plus fragiles — de vivre de manière vraiment humaine, sans que personne ne soit laissé pour compte. »[2]
C’est donc sur la base de ces cinq principes que doit être envisagé l’homme et son environnement. Et c’est au regard de cette Doctrine Sociale de l’Église que le pape Léon XIV analyse l’Intelligence Artificielle.
Pour aller plus loin : encyclique Magnifica Humanitas
« Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. »
Matthieu 7 ;12
[1] Magnifica Humanitas (MH) n°59
[2] MH n°78
Et si on en parlait ensemble ? (Chat' anonyme et gratuit)

