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Etienne : « j’étais addict à la pornographie » 

addiction

Youeternity vous livre le témoignage choc d’Etienne, guéri de son addiction à la pornographie.

Je suis tombé dans les affres de la pornographie à l’adolescence. Un jour, en fouillant les affaires de mes parents, j’ai découvert des revues érotiques et pornographiques.

Ces images m’ont fait un effet bizarre : elles me choquaient mais elles excitaient ma curiosité. Elles ont donné de la matière à la masturbation à laquelle je m’adonnais depuis plusieurs mois. J’ai aussi ressenti le désir d’aller plus loin en recherchant des images toujours plus fortes.

En grandissant, j’enracinais ma vie quotidienne dans une sexualité virtuelle. Mais c’était compliqué. Dans les années 1980, Internet et les smartphones n’existaient pas. Les revues érotiques ou pornographiques ne s’achetaient pas facilement. Il fallait les cacher pour éviter d’être surpris.

Puis, j’ai rencontré mon épouse à la Faculté. J’ai deviné rapidement que notre relation serait sérieuse. Quand nous avons décidé de nous engager pour la vie, nous avons tout naturellement ressenti le besoin de demander le sacrement du mariage.

Je ne lui ai rien dit de cette dépendance que je subissais. J’avais honte de cette situation. Je n’osais pas lui en parler car j’avais peur qu’elle ne me prenne pour un pervers. Et je pensais qu’à son contact je changerai et que je pourrais être délivré de cette addiction. Mais j’ai continué à consommer de la pornographie.

Il y avait une dualité dans ma vie sexuelle : d’un côté, j’étais un homme sage, sérieux et responsable et de l’autre une personne en quête constante de nouvelles images pour satisfaire mes sens.
Dans les années 2000, internet est apparu à la maison. Cette arrivée a malheureusement marqué une nouvelle étape dans mon désordre. Désormais, je pouvais accéder de chez moi au sexe virtuel. Je n’avais plus besoin d’acheter ni de cacher ces revues. Cela a accéléré ma consommation et mon addiction. Il m’en fallait toujours plus. Et le clou fût l’acquisition de mon premier smartphone : avec, je pouvais transporter partout cette fenêtre sur ce monde obscur. Je n’avais plus besoin de me rendre sur mon ordinateur. J’avais le sentiment de pouvoir construire ce monde virtuel dans lequel je plongeais, sans confrontation avec la réalité.

stoppornoEt plus je consommais ces images « hard » et plus je me sentais insatisfait. Il m‘en fallait toujours plus. Plus je sombrais dans la pornographie, plus je me sentais triste et malheureux. Les images que je voyais s’imprimaient dans ma mémoire et souvent me dégoutaient. Je me rendais compte que cela me faisait mal et que je faisais du mal à mon épouse. Je réalisais aussi que l’image que j’avais des femmes était pervertie. Mais j’avais l’impression que j’étais le seul à souffrir de cet esclavage. Les conséquences étaient nombreuses : la honte, la fatigue, l’escalade d’images toujours plus obscènes, la prise de poids, le stress, la libido abimée, la perturbation de ma vie conjugale.

Je savais que je devais arrêter. J’étais conscient que cette situation ne pouvait pas durer. J’enviais ceux qui avaient une vie normale. J’ai tenté à de nombreuses reprises d’arrêter. Mais chaque tentative était un échec. Je retombais dans ce monde sombre. Quel cauchemar pour moi de demeurer dans cette addiction toute ma vie. L’idée de vieillir avec ce travers me terrifiait. C’est pourquoi je voulais mettre un terme à cette double vie. Et je n’osais pas à en parler à mon épouse qui ne se doutait de rien.

Si je vivais dans la foi, il ne me venait pas à l’esprit d’appeler le Seigneur au secours. Dans mon idée, Dieu appelait à lui que des gens biens, parfaits et sans mauvaise histoire. Je pensais que le mal de la pornographie était trop grave pour que Dieu s’intéresse à moi.

En avril 2013, mon épouse m’a fait lire un article sur la neuvaine à « Marie qui défait les nœuds ». Comme nous avions de grosses difficultés professionnelles, elle m’a proposé de prier Marie dans cette neuvaine à cette intention. J’ai accepté. Marie nous a comblés au-delà de ce que nous lui demandions.

Quelques jours après et sans que je ne lui en parle, je décidais de consacrer personnellement une autre neuvaine à Marie qui défait les nœuds pour me libérer de cette dépendance. Dans mon for intérieur, j’interpelai la Vierge Marie : « Marie, si tu peux nous aider dans nos soucis professionnels, alors viens à mon secours et libère-moi de la pornographie. ».

Dès le 2ème jour de la neuvaine, j’ai ressenti une paix : je n’éprouvais plus le besoin de consulter les sites pornographiques. J’ai été guéri de ma dépendance et j’ai rendu grâce à la Sainte Vierge de m’avoir sauvé en demandant à son fils de m’aider.

J’ai gardé cette joie dans le secret de mon cœur sans en parler à mon épouse. Quelque chose avait changé mais elle ne savait pas de quoi il s’agissait. Le regard sur mon épouse et les femmes n’était plus le même…

Dans mon cœur résonnait cette parole dans Saint Jean : « La vérité vous rendra libre ». Et je souhaitais recouvrer cette liberté dans notre couple. 6 mois après cette délivrance, j’ai décidé d’en parler à mon épouse. Cette révélation fût un choc pour elle. Cela l’a blessée.  Elle s’est sentie trahie rétrospectivement, éprouvait de la colère à mon égard. Elle s’en voulait aussi de n’avoir rien vu et donc rien pu faire pour m’aider. Il lui a fallu du temps pour encaisser le coup. Nous nous en sommes remis au Seigneur dans la prière. Notre enracinement dans le sacrement du mariage nous a permis de surmonter cette épreuve. Le Christ nous a comblé de sa paix. Nous repensions souvent à l’évangile du jour de notre mariage (Saint Matthieu 7 – 24-27) : « C’est pourquoi quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison, elle n’est point tombée parce qu’elle était fondée sur le roc. ».

Nous avons réussi grâce à Dieu à surmonter ensemble cette épreuve. Notre couple s’en est trouvé renforcé. Nous avons également témoigné de ce qui nous était arrivé. En parlant autour de moi, plusieurs personnes m’ont confié leurs souffrances passées ou présentes sur ce sujet.

J’ai compris aussi que le Seigneur venait sauver ceux qui étaient perdus et que mon orgueil était de croire qu’Il ne pourrait pas sauver les pécheurs, les malades et les estropiés.

« Mais Jésus l’ayant entendu, leur dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades.  Allez, et apprenez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » (Saint Matthieu 9 -12)

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